« On a un diagnostic, un PAP, une ordonnance d'ergothérapie… et douze mois d'attente. » Cette phrase, les parents d'enfants qui ont un TDAH, une dys ou un trouble du spectre de l'autisme la prononcent souvent. Pour l'écriture, la question est encore plus compliquée : personne ne sait très bien qui s'en occupe.

Pourquoi c'est si difficile

Les délais des professionnels de santé

Les ergothérapeutes et les psychomotriciennes qui reçoivent des enfants sont peu nombreux en Île-de-France, et les listes d'attente dépassent souvent six mois, parfois un an. Les orthophonistes sont saturés. Pendant ce temps, l'enfant continue d'écrire mal tous les jours à l'école.

L'écriture tombe entre deux chaises

Le TDAH est suivi par le médecin ou le pédopsychiatre, la dyslexie par l'orthophoniste, la dyspraxie par l'ergothérapeute ou la psychomotricienne. Mais le geste de l'écriture lui-même n'est le cœur de métier d'aucun d'eux. Il est traité « au passage », quand il reste du temps.

Peu de praticiens habitués à ces enfants

Accompagner l'écriture d'un enfant avec un TDAH ou un TSA demande de s'adapter, de façon ludique : séances plus courtes, rituels, pauses, consignes visuelles. Tous les praticiens ne le proposent pas, et les parents doivent souvent le vérifier eux-mêmes, par téléphone, un cabinet après l'autre.

Qui fait quoi, concrètement

ProfessionnelCe qu'il travailleOrdonnance
GraphothérapeuteLe geste de l'écriture uniquement : tenue du crayon, posture, forme des lettres, fluidité, vitesseNon
ErgothérapeuteL'autonomie au quotidien et les aménagements (outils, clavier, mobilier)Oui, pour un remboursement
PsychomotricienneLe corps dans son ensemble : tonus, coordination, repérage dans l'espaceOui, pour un remboursement
OrthophonisteLe langage oral et écrit : lecture, orthographe, compréhensionOui

Ces accompagnements se complètent. Un enfant dyspraxique peut, par exemple, être suivi par un ergothérapeute pour l'ordinateur et par un graphothérapeute pour garder un geste manuscrit fiable (signature, notes courtes, contrôles).

À quoi ressemble un accompagnement adapté

Pour un enfant avec un TDAH

Tenir l'attention, freiner l'impulsivité, organiser la page et contrôler la main en même temps, c'est beaucoup. Les séances sont courtes et rythmées, avec des pauses prévues, un déroulé identique d'une fois sur l'autre et un seul objectif à la fois, que l'enfant peut cocher lui-même.

Pour un enfant avec un TSA

La prévisibilité est essentielle : le rituel de séance est construit avec l'enfant et ses parents, puis gardé stable. On tient compte des sensibilités (bruit, texture du papier, lumière), on part d'une passion de l'enfant pour le motiver et l'encourager (c'est souvent ce qui fait la différence), et on travaille en lien avec l'ergothérapeute ou la psychomotricienne qui suivent déjà l'enfant.

Pour un enfant dys ou HPI

Chez l'enfant dysgraphique, on reprend le geste à la base : détente, tenue du crayon, forme des lettres. Chez l'enfant à haut potentiel, dont la main ne suit pas la pensée, on redonne de la fluidité sans brider les idées.

Les questions à poser avant de choisir un praticien

  • Recevez-vous des enfants qui ont un TDAH, un TSA, une dys ? Comment adaptez-vous les séances ?
  • Travaillez-vous en lien avec l'ergothérapeute, l'orthophoniste ou l'école ?
  • Comment se passe le bilan, et que contient le compte rendu ?
  • Que se passe-t-il si mon enfant refuse d'écrire en séance ?
  • Quels sont les délais et les tarifs ?

Un praticien sérieux répond simplement à ces questions, ne promet pas de résultat en un nombre de séances donné, et vous dit clairement ce qui relève de lui et ce qui relève d'un professionnel de santé.

Pour savoir comment je travaille avec ces enfants, voir la page Graphothérapie pour les enfants avec un TDAH, un TSA, une dys ou HPI.