La graphothérapie en une phrase
La graphothérapie est la rééducation du geste de l'écriture. Elle s'adresse à toute personne dont l'écriture est illisible, lente, douloureuse ou source de blocage, et elle travaille uniquement le geste : la tenue du crayon, la posture, le mouvement du bras et de la main, la forme des lettres, la vitesse.
Le graphothérapeute n'est ni un orthophoniste (qui prend en charge le langage), ni une psychomotricienne (qui travaille le corps dans son ensemble), ni un ergothérapeute (qui aménage le quotidien). Ces professionnels de santé et le graphothérapeute sont complémentaires, et il est fréquent qu'ils travaillent ensemble autour du même enfant.
Pour qui ?
La graphothérapie concerne d'abord les enfants à partir du CE1, quand l'écriture devrait devenir automatique et qu'elle reste un effort. Elle concerne aussi :
- les collégiens et lycéens, quand la vitesse ne suit plus et que les copies deviennent illisibles ;
- les adultes, pour une écriture douloureuse ou une reprise d'études ;
- les gauchers, dont la position de la main et de la feuille demande souvent un ajustement ;
- les enfants avec un TDAH, un trouble du spectre de l'autisme (TSA), une dysgraphie, une dyspraxie ou un haut potentiel, chez qui l'écriture est souvent le point de friction scolaire.
Ce que la graphothérapie ne fait pas
Elle ne pose aucun diagnostic : le TDAH, la dyspraxie ou la dyslexie sont identifiés par des professionnels de santé. Elle ne remplace pas non plus un suivi médical, orthophonique, psychomoteur ou ergothérapique. Elle ne promet pas de résultat en un nombre de séances donné : chaque enfant avance à son rythme.
Comment se déroule un accompagnement
1. Le bilan graphomoteur
Tout commence par un bilan d'environ trois heures. On observe l'écriture de l'enfant, sa posture, la façon dont il tient son crayon, sa vitesse, sa fatigue. On échange avec les parents sur l'histoire scolaire et sur ce qui a déjà été tenté. Le bilan donne lieu à un compte rendu écrit, qui peut être joint à un dossier scolaire (PAP) ou MDPH.
2. Les séances
Une séance dure environ 45 minutes, en général une fois par semaine. On y détend la main et l'épaule, on joue avec de grandes boucles, on reprend la tenue du crayon, puis la forme des lettres et la vitesse, avec des exercices courts et ludiques. Aucun devoir à la maison : tout se joue en séance, pour que l'écriture ne redevienne jamais une contrainte.
3. Le point d'étape
Régulièrement, on mesure les progrès sur le cahier de classe, on ajuste, et on décide ensemble de continuer ou d'arrêter. Un accompagnement dure en général entre 5 et 20 séances.
Combien ça coûte, est-ce remboursé ?
La graphothérapie n'est pas prise en charge par l'Assurance maladie. Certaines mutuelles participent selon le contrat, souvent via un forfait « médecines douces » : une facture est remise à chaque séance. Les tarifs du cabinet sont indiqués sur la page d'accueil.
Comment savoir si mon enfant en a besoin ?
Un seul signe suffit pour en parler : cahiers raturés, main qui fatigue, lettres qui changent de taille, lenteur, refus d'écrire, perte de confiance. Nous avons détaillé ces signes dans l'article Mon enfant a du mal à écrire : les signes qui doivent alerter.
